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Baromètre du numérique 2026 : entre enthousiasme technologique et défis de sobriété

30 juillet 2026 par Johanna Le Conte

#numérique
#veille
Baromètre du numérique 2026 : entre enthousiasme technologique et défis de sobriété

Baromètre du numérique 2026 : Entre enthousiasme technologique et défis de sobriété

Le Baromètre du numérique de l’ARCEP vient de sortir, et on ne va pas se mentir : si vous espériez un grand élan collectif vers la sobriété numérique... c’est raté.

Nous avons vécu des vagues technologiques (coucou les Internets et smartphones) mais là, on vit quelque chose d’inédit. L’IA générative a braqué le paysage en moins de 3 ans.

J'observe avec fascination la rapidité avec laquelle nous adoptons de nouveaux usages. Mais cette accélération nous pose aussi une question fondamentale : comment concilier notre appétit pour l'innovation avec les limites de notre planète ?

Voici 3 points clés que je retiens de ce baromètre :

1. L’IA générative : une adoption massive qui interroge nos modes de travail et de réflexion

L'IA n'est plus une curiosité, c'est un outil de travail quotidien. 48 % des Français l'utilisent désormais, et chez les 18-24 ans, c'est devenu un réflexe quasi systématique (85 %). C'est un formidable levier de productivité et de créativité. Mais le rapport souligne aussi une certaine fragilité dans la vérification des sources (seuls 21 % vérifient systématiquement).

Si l'outil d'OpenAI domine le marché 8 utilisateurs sur 10 d’IA générative y font appel, 1 utilisateur sur 2 jongle déjà avec au moins deux IA différentes.

Pour finir sur une touche encourageante : près de la moitié des utilisateurs ont conscience de l'impact environnemental, mais se sentent parfois démunis face au "poids" énergétique de ces requêtes. L'enjeu n'est pas d'interdire, mais d'apprendre à utiliser l'IA là où elle apporte une vraie valeur ajoutée.

2. Équipement : des signes encourageants motivés avant tout par l’aspect économique

La culture de la réparation progresse. 38 % des Français ont fait réparer un appareil ces dernières années. C'est un signe encourageant d'une prise de conscience de la valeur des objets.

Cependant, la tendance au renouvellement reste forte, notamment avec le déploiement de la 5G qui équipe désormais 61 % des utilisateurs. On est dans un équilibre fragile : d'un côté, on veut faire durer nos équipements, de l'autre, les évolutions réseaux et les nouveaux services nous poussent à changer de téléphone. L'enjeu de demain sera de décorréler "performance de service" et "renouvellement matériel".

Le marché de l'occasion et du reconditionné se stabilise autour de 20 %. C'est une bonne base, mais cela montre que pour passer à l'étape supérieure, il ne faudra pas seulement compter sur les économies financières, mais sur une vraie désirabilité des modèles de consommation circulaire.

3. Le monopole de l'attention (et de la donnée)

Le baromètre révèle que 62 % des utilisateurs de réseaux sociaux ont désormais conscience que les algorithmes hiérarchisent ce qu’ils voient.

Si la conscience est là, la capacité à en sortir reste faible. Seuls 15 % des utilisateurs déclarent modifier activement leurs paramètres pour "casser" l'algorithme. On sait qu'on est dans une bulle, on y est parfois confortablement installé, mais on commence à regarder les parois.

D’autre part, le rapport est sans appel : WhatsApp, Instagram et Messenger captent à eux seuls plus de 80 % des échanges de messagerie instantanée en France. Ces 3 services appartiennent à un seul acteur : Meta.

Pourquoi c'est un problème ? Si Meta change ses règles du jeu (ou ses algorithmes), c'est tout notre tissu relationnel et professionnel qui est impacté. Cette dépendance au GAFAM de manière plus générale est loin d’être anodine, elle nous expose à des risques majeurs comme la perte de contrôle stratégique, l’ingérence étrangère, censure...

Au vu du contexte politique international, la souveraineté numérique devrait préoccuper tant les états, les entreprises que les particuliers.

A votre avis, est-ce que l’élan d’un numérique souverain tiendra un chapitre à part entière du baromètre de 2027 ?

Et au sein de votre entreprise, savez-vous par où commencer pour réduire votre dépendance au GAFAM ou pour sécuriser l’usage de l’IA dans votre équipe ?

* Source : Baromètre du numérique - Édition 2026 (ARCEP / ARCOM / CGE / ANCT)